Mes Critiques de livres 2005

Bienvenue chez Dytal.

Ici vous trouverez les critiques des livres que j'ai lus dans les derniers mois.

Bonne lecture

 

Top 5 2005 :

Livres lus : 72

1. La règle de quatre de Ian Caldwell et Dustin Thomason
2. Le bizarre incident du chien pendant la nuit de Mark Haddon
3. Ensemble c’est tout de Anna Gavalda
4. Attirances de Didier Van Cauwelaert
5. Bossalo de François Barcello

Et j’aimerais offrir une mention spéciale à Matthieu Simard avec ses trois romans : Échecs amoureux et autres niaiseries, Ça sent la coupe, Douce moitié, qui arrivait en 6e position.

Mes cinq pires lectures en 2005 :

Sylphide, à toi, à moi, à jamais de Sylvie R. Tremblay
Les mardis de Béatrice de Francine Tougas
L’hermine de Mallaig de Diane Lacombe
L’homme whippet de Charles Paquin
La sirène rouge de Maurice G. Dantec.

 

 

Psittt pour les critiques 2000 à 2004 voir les liens en bas de la page!

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La petite place

bisoussssss

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Mise à jour: 17 Décembre 2005

4 Critiques

 

Janvier 2005

 

 

Anna Gavalda, Ensemble, c'est tout, Éd. Le dilettante, 603 pages, 5/5
 
Frank a été élevé par ses grands-parents et aujourd'hui il a la charge de sa grand-mère, en plus de son métier de chef cuisinier. Son père, il ne l'a jamais connu et sa mère l'a rejeté plusieurs fois dans son enfance.
 
Paulette, sa grand-mère, est de plus en plus incapable de prendre soin d'elle-même, les chutes se multiplient, mais elle ne veut surtout pas avoir à quitter sa maison et son jardin.
 
Philibert est un vendeur de cartes postales, et il est la honte de sa famille qui sont de nobles marquis. Il n'est pas heureux, et il habite avec Frank dans une des résidences familiales. Il garde en fait la résidence en attendant que les questions d'héritage soient réglées.
 
Camille, quant à elle est une femme de ménage, et par temps perdus elle dessine, elle aurait pu être une artiste mais les événements ont fait autrement. Elle a une mauvaise relation avec sa mère et affiche une santé déclinante en plus de sa maigreur extrême.
 
Ces quatre personnages sont éclopés par la vie, et ils n'aspirent qu'à une chose: être ensemble, c'est tout. Ils ne souhaitent même plus le bonheur. Leurs vies se croiseront donc et ils apprendront à se connaître, deviendront amis et peut-être arriveront-ils à être vraiment heureux!
 
C'est un excellent roman, un livre qui se lit rapidement et qu'on ne peut laisser de côté. Les personnages sont attachants, nous avons envie de les prendre dans nos bras pour les aimer. J'ai adoré!! Un seul petit reproche peut-être, les dialogues sont parfois longs et les répliques tellement courtes, quand ce ne sont pas des points de suspension marquant une hésitation... alors parfois il m'arrivait de me perdre et de ne plus savoir lequel des personnages disait telle phrase. 
 
C'est finalement un livre que je conseillerais à tout le monde!


 

 

Eric-Emmanuel Schmitt, Milarepa, Éd Albin Michel, 64 pages, 4/5
 
Simon fait toute les nuits le même rêve étrange où on lui dit qu'il est la réincarnation de l'oncle de Milarepa, un sage bouddhiste. Sa mission consiste à raconter l'histoire de l'oncle et de son neveu à l'humanité pour arriver à sortir du cycle des renaissances.
 
L'oncle a toujours détesté son neveu et se laisse guider tout au long de sa vie par la haine et son désir de richesse. Le neveu, quant à lui, après avoir commis des actes horribles de vengeance, décide de trouver la sagesse et la paix intérieure.
 
C'est un conte tibétain dans la tradition bouddhiste que j'ai bien apprécié. On est emporté loin de notre quotidien mais toutefois on sent bien que les choses et l'humaine condition sont les mêmes que nous soyons d'hier ou d'aujourd'hui et que nous soyons d'ici ou d'ailleurs.
 
C'est un petit livre qui peut nous mener sur les chemins de la réflexion et de la paix intérieure.


 

 
Nadine Bismuth, Scrapbook, ed. Boréal, 393 pages, 5/5

Annie Brière est étudiante au doctorat en littérature et elle s’apprête à publier son premier roman. Tous les jeudis, sa sœur Léonie vient se doucher chez elle, car elle entretient une relation extra conjugale. Annie n’est pas tout à fait d’accord avec les choix de vie de Léonie, mais son opinion changera lorsque elle-même sera amoureuse d’un homme marié.

Nadine Bismuth nous entraîne avec elle au sein du milieu littéraire des maisons d’éditions et universitaire tout en nous racontant les difficultés causées par les amours non exclusifs.

J’ai beaucoup aimé l’histoire et l’écriture fluide de l’auteure. Les personnages sont de qualité, ils sont bien présentés et deviennent pour nous plus que des êtres fictifs. J’ai déjà très hâte de lire son premier ouvrage qui porte le titre de « Les gens fidèles ne font pas les nouvelles ».


 

 
Sylvie R. Tremblay, Sylphide et le livre de la vérité, Édition SRT, 230 pages, 4/5

Sylphide est veuve et doit s’occuper seule de subvenir aux besoins de ses enfants. Un soir elle découvre un livre mystérieux, celui de la vérité, et elle doit en écrire un autre pour le transmettre à l’humanité entière.

C’est un roman étrange, un peu ésotérique, psychanalytique, psychologique, aux limites du fantastique et chargé d’une belle philosophie sur l’être humain et tout ce qui le constitue. L’auteure y traite aussi de l’inconscient collectif, elle met en scène la conscience, l’ego, le diable, Dieu, l’âme et l’esprit.

C’est en général un bon livre, une belle introspection de la part de l’auteure et pour nous l’occasion de nous questionner et de vouloir cheminer vers la connaissance de notre moi profond. Cependant, je trouve que certains éléments de l’histoire sont un peu trop cousus de fil blanc à mon goût. Mais je vais certainement lire son second roman qui se veut une suite à celui-ci.

 

 
Eric Emmanuel Schmitt, L'enfant de Noé, Albin Michel, 190 pages, 5/5
 
En 1942, Joseph a 7 ans et il est juif. Comme la guerre contre les juifs bat son plein, il est séparé de sa famille et est recueilli par un prêtre catholique, le père Pons. Il y rencontrera des gens simples, il y apprendra la différence entre les juifs et les chrétiens et surtout il y découvrira l'amitié sincère.
 
C'est un très beau roman qui nous plonge dans l'enfer de la seconde guerre mondiale, mais on y découvre cependant que cette guerre a pu cacher des gens qui croyaient aux valeurs véritables et que l'amour et l'amitié pouvaient survivre à toute cette atrocité.
 
J'ai encore une fois adoré cette lecture de E. E. Schmitt et j'aurais préféré que ce livre soit un tantinet plus long.

 

 
Laurell K. Hamilton, Plaisirs coupables, Pocket, 379 pages, 3.5/5
 
Anita Blake est une réanitrice de métier, c'est-à-dire qu'elle ramère temporairement à la vie les morts. Par temps libres, elle aide la police dans la chasse aux vampires, elle est même celle qu'ils appellent "l'éxécutrice". Les vampires sont tolérés dans la ville, ils ont pignon sur rue, ils sont souvent propriétaires de boîtes de nuit à la mode. Mais lorsqu'ils dépassent les bornes Anita se charge de leurs cas.
 
C'est un univers original, différent de tout ce que j'ai lu jusqu'à maintenant en matière de vampirisme. Mais je trouve que l'auteure nous plonge trop abruptement dans son univers en l'explicitant trop peu. J'avais l'impression de commencer à lire une série par le tome 3 ou 4. Aussi j'étais souvent mélangée dans les personnages, et surtout dans leur catégorie et leurs pouvoirs.
 
J'ai tout de même apprécié mon incursion dans le monde d'Anita Blake et je donnerai une chance au second volet de cette série.


 

 
Gabriel Garcia Marquez, Douze contes vagabonds, 280 pages 3/5
 
Ce livre regroupe 12 contes ou nouvelles que l'auteur a écrit sur une période de 20 ans. C'est varié, coloré et surprenant. Comme cette nouvelle : "Je ne voulais que téléphoner" qui nous raconte la descente aux enfers d'une femme qui, après une panne d'automobile, a voulu aller téléphoner dans un endroit où ils l'ont gardée parmi leurs malades... elle ne voulait que téléphoner et la voilà dans un hôpital psychiatrique... que va-t-il lui arriver? Pourra-t-elle téléphoner?
 
Cependant, j’ai un peu de la difficulté à apprécier pleinement un livre de nouvelles, c'est trop court, j'ai l'impression toujours de rester sur ma faim... c'est pourquoi j'ai décidé de ne pas lire les 3 dernières nouvelles...

 

 

 
Jim Fergus, La fille sauvage, Éd. Le cherche midi, 339 pages, 3.5/5

En 1932, dans la Sierra Madre, se prépare une grande expédition de riches hommes américains et mexicains dans le but de retrouver un jeune garçon qui a été kidnappé par les apaches. Au même moment, une jeune apache a été traquée et attrapée par un chasseur et mise au cachot. Un jeune photographe qu fait partie de l’expédition sauve la jeune sauvage d’une mort certaine et ils décident qu’elle sera la monnaie d’échange contre le retour de l’enfant recherché.

Nous faisons la rencontre de personnages attachants, Tolley, un homosexuel un peu excentrique, le jeune photographe, une anthropologue, tout ce beau monde nous entraîne dans une atmosphère agréable et parfois surprenante. Cependant, nous comprenons par le biais de ce roman que l’homme est effectivement un loup pour l’homme. Un home qui veut sauver sa peau est prêt à tout.

J’ai trouvé que c’était un bon roman, quoique moins bon et envoûtant que Mille femmes blanches. J’ai trouvé qu’il était long à lire malgré son faible nombre de page. Aussi, j,ai eu besoin d’au moins 50-60 pages pour vraiment embarquer.

 

Février 2005

 

 
Sylvie R Tremblay, Sylphide, à toi, à moi, à jamais, Éd. SRT, 312 pages, 2/5

Sylphide s’apprête à rencontrer un éditeur intéressé par son premier livre, mais cette rencontre déçoit Sylphide et elle envisage de publier elle même son bouquin. Elle est toujours amoureuse de Steve et amorce dans ce second volet une grande réflexion sur le mécanisme amoureux.

Le roman en tant que tel est plutôt cousu de fil blanc et le personnage affiche une naïveté proche de la niaiserie et un peu trop d’immaturité. Elle est naïve dans ses questions, ses constats sur l’être humain, et elle est immature en faisant un pacte de sang avec Steve, alors qu’elle est adulte, et que tous savons que ce geste peut être extrêmement dangereux.

Pour le reste qui constitue la réflexion du personnage, c’est très lourd. On nous présente de trop longs développements sur la psychanalyse, la biochimie et les mécanismes amoureux. Certaines théories sont abordées comme si elles étaient des vérités absolues, alors, qu’à mon sens, elles sont plutôt douteuses… surtout celles sur le respect dans le couple qui sont développées par une jolie femme, qui s’avère plutôt atteinte de frustration envers le sexe mâle.

Pourtant, j’ai déjà lu des livres sur ces sujets, de très belles théories qui font beaucoup plus sens et qui sont moins lourdes et pourtant très profondes. Je ne crois pas que je lirai un autre volet de Sylphide si jamais l’auteure décide de se commettre de nouveau. D’autant plus que les derniers chapitre je les ai lus en diagonale tellement j’étais lasse.
 

 

 
Sabine Dardenne, J’avais 12 ans, j’ai pris mon vélo et je suis partie à l’école…, Ed. Oh!, 232 pages, 5/5

Sabine avait douze ans quand elle fut enlevée par le monstre Marc Dutroux qui sévissait en Belgique. Il avait en effet plusieurs victimes dont quatre après sa libération pour bonne conduite. Sabine a tout de même survécu et c’est presque par miracle qu’elle soit restée sous l’emprise de Dutroux pendant 80 jours. Elle a subi de nombreuses atrocités qu’elle même préfère taire.

Elle nous raconte 8 ans après, une partie de ce qu’elle a vécu, son sauvetage, son retour à la vie, sa thérapie personnelle, et le procès.

C’est touchant et un bel éloge à la force de caractère, la force de l’instinct de survie. Sabine est vraiment une jeune femme courageuse et son livre en est la preuve. Le but de son livre est surtout celui de faire comprendre à la terre entière qu’il ne faut pas relâcher les prédateurs sexuels aussi simplement que c’est fait encore aujourd’hui. Si Dutroux n,avait pas été relâché en 1992, Sabine aurait eu une enfance normale et les quatre autres petites filles seraient certainement en vie.

 

 

 
Nadine Bismuth, Les gens fidèles ne font pas les nouvelles, (Nouvelles) Ed. Boréal, 226 pages, 4.5/5

Nadine Bismuth, nous présente pour son premier livre un recueil de nouvelles qui traitent d’amour, de relations de couple, d’amitié, d’infidélité, et ce à tous les âges de la vie.

C’est très bien écris et ce que j’ai aimé par dessus tout c’est que l’auteure ne s’est pas borner à prendre pour personnages des femmes de son âge, non, parfois elle prends la parole au nom d’un homme, d’un garçon, d’une fillette, et elle va même jusqu’à cette pauvre dame âgée qui est délaissée par ses enfants.

J’aime beaucoup cette auteure, mais personnellement je préfère les romans, et j’espère qu’elle nous offrira bientôt un autre roman.

 

 

 

 
Daniel Pennac, Merci, Ed gallimard, 128 pages, 3/5
 
Ce très court livre représente en fait le discours de remerciement d'un personnage honoré pour la totalité de son oeuvre. Tout au long du texte, le personnage cherche que dire, qui remercier, qui ne pas remercier. Il pense en même temps qu'il s'adresse à son public.
 
Ainsi se dresse une réflexion sur les discours, les remerciements, mais aussi sur le sens même de ce petit mot tellement utilisé et souvent comme un automatisme. C'est intéressant et bien écrit et assez énigmatique. Heureusement, 128 pages sont suffisantes: moins nous aurions pu ne pas cerner le but de l'auteur.... quoique que je prétends pas l'avoir découvert complètement... et plus de pages aurait été un abus.
 
Habituellement j'aime bien Pennac mais j'avoue qu'après cette lecture je m'ennuie un peu de notre bon monsieur Malaussène.

 

 

 
Janette Bertrand, Ma vie en trois actes, Libre Expression, 412 pages, 5/5
 
Aujourd'hui, après nous avoir raconté la vie des femmes, la vie des autres, la vie d'une multitude de personnages tous plus touchants les uns que les autres, la grande dame se raconte elle-même. Elle le fait toutefois de manière humble et sans artifice. Elle nous raconte Janette, la mal aimée, l'incertaine, la malheureuse et l'heureuse aussi, la passionnée, l’amoureuse. Elle nous raconte l'histoire de la femme qui vit au milieu des changements dans la condition féminine. Elle nous raconte son mariage, sa carrière et sa vie de mère.
 
Nous avons l'impression que Janette est avec nous autour d'un bon repas et qu'elle nous raconte sa vie. C'est très intime, écrit d'une main de maître et avec une grande simplicité.
 
Moi qui ne connaissais cette dame que depuis "Avec un grand A" j'ai appris beaucoup sur elle et son implication dans la condition des femmes, mais aussi celles des hommes au québec. Par ses séries, ses dramatiques elle a souvent "brassé" les gens du Québec pour leur apprendre la réalité. Pour moi c'était normal ce qu'elle nous offrait tous les vendredi soirs, mais il faut croire que ça ne l'était pas pour tout le monde. Elle a souvent permis à des gens de sortir du placard, de sortir de leur gêne pour affronter le regard d'autrui. Elle a été une grande éducatrice pour nous par le biais du petit écran et du théâtre. Bref. elle nous offrait l'ouverture d'esprit.
 
Mais plus que tout, Janette nous offre sur un plateau d'argent la recette du "bien vivre" malgré le temps qui passe. Nous savons tous que nous allons mourir un jour ou l'autre, elle nous apprends comment elle fait pour vivre avec ses 79 ans bien sonnés. Merci Madame Bertrand pour tout ce que vous avez pu faire dans votre vie pour que les québécois soient plus libres, moins ignorants, et surtout merci pour cette belle leçon de vie que constitue "Ma vie en trois actes".

 

 

 
Joël Champetier, La peau blanche, Éditions alire, 241 pages, 5/5

Thierry, un jeune français venu étudier la littérature à l’université de Montréal, décide un soir de faire une virée des quartiers chauds avec son colocataire Henry. Mais cette soirée avec Marquise, une jeune prostituée, tourne au drame, un drame digne des romans fantastiques dont raffole Henry.

Cette soirée aurait pu tomber dans l’oubli rapidement si ce n’était que Thierry tombe éperdument amoureux de Claire, une jeune rousse pianiste, énigmatique, qui n’est nulle autre que la sœur de Marquise. Mais que cachent les sœurs rousses? Qui sont-elles, et surtout que sont-elles?

C’est un excellent roman, très bien tissé, de sorte que le lecteur vit au même rythme que les deux jeunes hommes. J’avais vu le film auparavant et celui-ci est très fidèle au livre, donc je peux dire que c’est un livre à lire et un film à voir, d’autant plus que la distribution de celui-ci est excellente.

 

 

 
 Laurent Gaudé, le soleil des Scorta, Actes Sud, 247 pages, 3.5/5

Toute l’histoire commence par un viol dont naît un garçon, qui sera voué au malheur, à la pauvreté et qui choisira le mal plus souvent que le bien. C’est toute la descendance de cet homme que nous suivons de générations en générations. Ce qu’il y a de particulier dans cette famille, c’est que chacun, avant de mourir transmet en héritage la soif insatiable des Scorta, le désir de lutter pour vivre, et un brin de sagesse, ou un secret. La question est souvent de savoir s’ils choisiront la voie du bien ou celle du mal.

Nous avons aussi en parallèle la dernière confession de Carmella, la seule sœur Scorta qui sera toujours que la sœur des Scorta et rien d’autre. Je crois que les chapitres en italique sont ceux que j'ai préféré. J'aimais beaucoup cette femme.

C’est un roman étrange un peu de par sa trame, très rapide mais à la fois très coloré et tout plein de parfums qui demeurent après la lecture. Je ne saurais dire si j’ai aimé… j’aurais pu abandonner la lecture, mais quelque chose me retenait, mais je ne saurais dire si c’était les personnages, l’auteur, la renommée de ce roman qui est le récipiendaire du Goncourt 2004… je ne sais pas. Mais je garde une impression intense de chaleur et d’odeurs.

Bref je suis un peu partagée en ce qui concerne ce roman de Gaudé, mais peut-être retenterais-je l,expérience avec un autre de ses romans?


 
 
Jacques Poulin, La tournée d’automne, Léméac, 208 pages, 5/5

« Le chauffeur » est un bibliothécaire ambulant, il se ballade à chaque saison dans les villages qui n’ont pas de librairie ou de bibliothèque, afin de soulager les lecteurs assoiffés. Cet été là, il fera sa tournée en compagnie d’une fanfare, mais surtout avec Marie, une femme avec qui il partage de nombreuses affinités.

C’est un roman tout en douceur qui se situe sur les routes entre Québec et Havre St-Pierre. Sur le chemin se côtoient l’amour des livres, des chats et une profonde amitié.

C’est un très très beau roman où tous les mots sont choisis avec soin, avec goût. Les personnages sont, comme dans chacun des livres de Poulin, tellement attachants et vrais que nous avons l’impression de quitter des amis cher sitôt le couvert refermé.


 

 
Mario Lemieux, Le livre de Poliakov, Éditions les Intouchables, 332 pages, 3.75/5

Tout commence en 1937, quand un jeune fossoyeur vole dans un cercueil un magnifique coffret qu’il remet à son père. À l’intérieur se trouve un livre maléfique, le livre de Lev Poliakov. C’est un livre qui s’écrit avec le sang de celui qui le lit et qui tue immanquablement son lecteur.

On voyage avec ce livre d’un village de Russie jusqu’à Montréal. Nous suivons donc trois lecteurs différents et on nous raconte aussi l’histoire de la malédiction de ce petit livre noir.

Le livre de Poliakov est très bien écrit, l’écriture est fluide et recherchée. L’auteur a beaucoup de talent et il nous entraîne rapidement dans son univers effrayant. Toutefois, j’ai trouvé que certaines scènes érotiques frôlaient de près le mauvais goût, surtout lorsqu’il nous raconte les orgies qu’organise Lev Poliakov.

Aussi, sans manquer d’originalité, ce roman fantastique nous rappelle un peu le film Le cercle, qui consistait en une vidéocassette qui tuait ceux qui l’écoutaient. Le livre nous rappelle aussi les trop nombreux films où l’on suit un objet ou une maison dans des époques différentes et des propriétaire différents.

Mais somme toutes, c’est un bon livre à lire… oserez vous le lire malgré la malédiction qui pèse sur le lecteur? ;0)
 

 

 
Goscinny et Sempé, Histoires inédites du Petit Nicolas, IMAV éditions, 624 pages, 5/5
 
Les aventures du petit Nicolas ce sont de courtes histoires de 6 à 10 pages chacune qui sont très imagées. C'est Nicolas lui-même qui nous raconte avec ses mots d'enfant ce qu'il comprends du monde, de l'école, de ses parents etc, ce qui donne parfois de drôles d'interprétations des événements.
 
J'avais connu ce petit bonhomme attachant dans mon enfance avec les livres et aujourd'hui je le retrouve avec plaisir avec ce recueil d'histoires inédites.
 
Un vrai bonheur de lecture pour les jeunes et moins jeunes!

 

Mars 2005

 

 
Amélie Nothomb, Hygiène de l'assassin, Édition Albin Michel, 199 pages, 5/5
 
Prétextat Tach est un prix Nobel de littérature et à 83 ans, il se meurt d'un cancer des cartilages, Cinq journalistes se relaient à son chevet pour en connaître davantage sur l'auteur étrange. Les quatre premiers sont éconduits par de courtes joutes verbales avec l'auteur. Seule la cinquième, Nina, aura gain de cause. Elle arrivera à faire perdre ses moyens de défense à ce monstre misogyne, misanthrope et obèse. Elle arrivera à lui faire avouer et raconter l’indicible.
 
Tach est un monstre de méchanceté, c'est probablement l'être le plus ignoble que nous pourrions rencontrer. Mais Amélie Nothomb nous entraîne à vouloir en savoir plus sur ce monstre, autant elle nous fait rire,autant elle nous entraîne à le détester. C'est un roman très bien tissé, avec une finesse et une intelligence hors du commun. Vraiment pour un premier roman, Nothomb a frappé fort et je ne suis pas surprise que sa carrière ait perduré depuis ce roman. Cette auteure a vraiment une plume acérée, intelligente et certaine. J'irais même jusqu'à dire que ce livre est mon préféré de Nothomb.

 

 
James Patterson, Rouges sont les roses, JC Lattès, 350 pages, 4/5

Plusieurs vols à main armée et en parallèle des crimes atroces portés sur les proches de la direction des établissements attaqués, terrorisent l’Amérique. Mais Alex Cross, enquêteur que nous connaissons par les autres romans de cet auteur, et son équipe du FBI font tout pour trouver qui est l’auteur des ces crimes et surtout qui se cache sous le pseudonyme Le Cerveau.

Alex en a beaucoup sur les bras dans ce livre, il y a ses enfants et sa conjointe qui est terrorisée par l’emploi de son amoureux et les retombées de ces enquêtes, et bien entendu Alex veut régler cette affaire qui semblent mener nulle part.

C’est un bon suspense, un peu tiré par les cheveux en ce qui concerne la vie privée de l’enquêteur vedette, mais pour le reste c’est excellent. Jamais je n’aurais pu deviner qui était réellement Le cerveau.

 

 
Dennis Lehane, Shutter Island, Rivages thriller, 285 pages, 4/5

Le récit se passe dans les années cinquante à Shutter Island, une île où se trouve un hôpital psychiatrique doublé d’une prison. En fait, la malades qui y résident sont de dangereux meurtrier. Teddy Daniels s’y rend avec un nouvel adjoint pour retrouver Rachel, une patiente qui aurait réussi à s’enfuir malgré toute la sécurité en place.

Débute une enquête qui semble tourner en rond, mais Teddy découvre rapidement que le directeur de l’établissement et les docteurs sont étranges, et ils semble cacher quelque chose…

Je n’ai pas aimé ce livre autant que Mystic River, l’histoire est originale et bien tissée, mais j’avais toujours de la difficulté à vraiment me laisser embarquer dans l’histoire. C’est seulement dans les dernières 50 pages, je dirais, que je me suis laissée aller. Toutefois, la finale m’a laissé une drôle d’impression, je ne suis pas certaine d’avoir vraiment compris de quoi il en retournait!

 

 
Matthieu Simard, Échecs amoureux et autres niaiseries, Stanké, 201 pages, 5/5

Ce livre est un roman à sketches, c’est-à-dire qu’il regroupe un certain nombre de petites histoires humoristiques sur les relations amoureuses, les déceptions qu’elles engendrent et d’autres faits cocasse de la vie quotidienne.

C’est avec beaucoup d’humour et de réalisme que l’auteur nous raconte ses déboires amoureux, comment il tente de séduire les filles en vomissant sur leurs souliers, ou encore de séduire la téléphoniste de Vidéotron, et aussi comment Alexandre Jardin peut nuire à ses amours etc. Bref, il nous raconte ses courtes aventures, mais aussi ses relations plus durables.

J’ai vraiment beaucoup apprécié ce trop court roman et j’ai déjà hâte de lire son second livre intitulé « Ça sent la coupe », où, je crois, nous retrouvons ses personnages principaux.

 

 
Didier Van Cauwelaert, Rencontre sous X, Albin Michel, 250 pages, 3.5/5

Roy Dirkens est un joueur de football déchu, et c’est grâce à un copain d’infortune qu’il se retrouve un jour en plein tournage de film pornographique. C’est sur ce plateau qu’il fait la rencontre de Talia Stov, 19 ans comme lui, et qui est désillusionnée par la vie. Tous deux deviendront amis-amoureux-amants. Ils chercheront ensemble à redonner un sens à leur existence, à retrouver leur rêves et leur innocence de jadis, avant qu’ils ne deviennent des esclaves des équipes de sports ou des caméras.

En général, c’est un bon livre, les personnages sont attachants et bien campés, l’auteur nous fait rire un peu, mais sans plus. Ce n’est pas le meilleur livre de Cauwelaert, à mon sens du moins. Mais cela ne m’empêchera pas de lire ses autres bouquins, parce que j’adore cet auteur de talent.


 

 
Brigitte McCann, Raël Journal d'une infiltrée, Stanké, 345 pages, 5/5
 
Brigitte McCann et Chantal Poirier sont respectivement journaliste et photographe pour le journal de Montréal, et en 2003, suite à l'annonce de la naissance du premier bébé cloné, les deux jeunes femmes ont décidé d'infiltrer le mouvement du célèbre "Gourou" Raël (Claude Vorilhon, de son vrai nom). En tout l'enquête a duré 9 mois. Elles ont été acceptées comme membres, Brigitte a été baptisée et elles ont assisté à un stage de deux semaines à Maricourt un camping Raëlien.
 
Loin de moi, l'idée de critiquer ici les croyances de ce groupe donc, je me contenterai de saluer l'énorme travail qu'à représenté pour les jeunes femmes ce reportage. Aussi, Je considère qu'elles ont fait preuve de professionnalisme et de beaucoup de courage pour accepter d'entrer dans un mouvement où la sexualité est assez libre et où leurs croyances personnelles et leur métier sont bafouées.
 
Le livre consiste en un journal intime très imagé par les photos de Chantal Poirier. C'est très intéressant. Alors pour ceux qui veulent savoir ce que les filles ont vécu pendant neuf mois, je vous laisse le loisir de le découvrir!

 

Avril 2005

 

 
Sylvain Meunier, Lovelie d'Haïti, courte échelle, 347 pages 4.5/5
 
Lovelie a six ans quand elle quitte Haïti et sa famille pour réaliser le rêve que son père caresse à son égard, celui qu'elle devienne infirmière. à Montréal elle est accueillie par une famille qui doit l'éduquer et l'envoyer à l'école, mais les choses ne se passent pas ainsi, elle deviendra leur esclave. Débute pour Lovelie une vie où se côtoient les tâches ménagères, la violence et la prostitution juvénile. Et il va sans dire qu'elle n'aura aucun moyen de communiquer avec sa famille en Haïti.
 
C'est une bonne histoire, touchante. Lovelie est très attachante dans sa douceur, sa naïveté et son intelligence. Cependant, j'ai trouvé que l'auteur avait un peu exagéré lorsqu'il nous raconte dans les moindres détails les premières expériences sexuelles que Lovelie a avec un vieux pédophile. Il ne faut pas oublier que cette enfant a six ans et l'auteur aurait pu nous épargner certains détails scabreux. Mais en général c'est un très bon livre et c'est avec bonheur que je retrouverai Lovelie dans le second tome de son histoire.


 

 
Dan Brown, Anges et Démons, JC Lattès, 569 pages, 4.5/5
 
Robert Langdon, spécialiste en symbiologie est appelé au CERN, un centre de recherche scientifique, où un éminent chercheur a été assassiné et marqué au fer rouge d'un signe qui rappelle les Illuminatis. Les Illuminatis sont une société secrète anticléricale qui est disparue depuis 4 siècles.
 
Nous suivons Langdon jusqu'au Vatican et dans des endroits que nous ne pourrions visiter nous simples humains. Cette histoire ne peut laisser personne indifférent et dès les premières pages nous sommes envoûtés par l'atmosphère du roman.
 
J'ai beaucoup aimé le suspense, mais j'ai trouvé que certaines choses, surtout à la fin, étaient exagérées et l'auteur a commis quelques maladresses au début qui nous révèlent quelques éléments de la finale du livre. Mais en général, c'est excellent, nous allons de surprises en surprises et en fait j'ai préféré ce livre au Da Vinci Code.
 
De plus, après la sortie du Vatican concernant le Da Vinci code, je crois que ce roman sera aussi fortement contesté par le Vatican. à lire absolument!

 

 
Dominique Demers, L'étonnante concierge, Québec Amérique jeunesse, 118 pages, 5/5
 
Nous retrouvons dans ce livre, cette chère Mademoiselle C, Charlotte qui devient concierge afin d'économiser 63, 63$ pour aller retrouver sa chère Gertrude, sa pierre adorée.
 
Elle devient donc concierge d'un centre d'art qui a été bâti sur un parc de planche à roulettes. Elle y rencontre trois jeunes qui auraient préféré conserver leur parc, plutôt qu'un centre d'art qui est accessible seulement par les riches.
 
C'est toujours un plaisir de lire les aventures de Charlotte, car elle nous entraîne dans un univers fantastique, joyeux et rempli de son célèbre "spling". J'espère que Dominique Demers nous offrira d'autres aventures de Charlotte et parions que ces aventures seront portées au grand écran pour le plus grand plaisir de tous ses lecteurs, jeunes et moins jeunes!
 

 

 
Rafaële Germain, Soutien-gorge rose et veston noir, Libre Expression, 453 pages, 5/5
 
Antoine, Juliette et Chloé avaient écrit un manifeste dont la première clause était d'être et de demeurer célibataire. Mais tout a changé le jour où Chloé a décidé de trouver le grand amour. Débute pour elle, une série d'événements, de rencontres, de retournement de situation qui changeront sa manière de penser et d'être.
 
Outres ses amis, nous rencontrons sa famille: sa mère portée sur les martinis et qui guide toute sa vie selon les livres de psychologie-populaire; son père qui est effacé, mais combien attachant et perspicace; et sa soeur Daphné, qui a, semble-t-il, une vie parfaite avec son époux et ses jumelles. Mais tout n'est pas toujours comme on se l'imagine, même chez ceux que nous croyions connaître parfaitement!
 
C'est un très beau roman, c'est sympathique comme écriture, comme ambiance. C’est un roman drôle, un peu cru par moment, mais tellement réaliste. Un seul point négatif, la fin est un peu prévisible. Mais, les personnages sont charmants et j'avoue que c'est avec tristesse que j’ai refermé le couvert de ce livre, un deuil doit être fait. On a parfois l'impression qu'il est temps qu'un livre se termine, mais ce n’est pas le cas pour celui-ci, j'aurais pu encore lire quelques centaines de pages!
 
J'espère sincèrement que Rafaële Germain nous offrira de nombreux autres romans!
 

 

 
Sylvain Meunier, Lovelie d'Haïti, (tome II) Le temps des déchirures, Éd. La courte échelle, 421 pages, 5/5
 
Lovelie, cette petite fille qui avait eu beaucoup de mal dans son nouveau pays d'adoption, vit maintenant dans la famille Brûlotte, où elle a trouvé une mère, un père, une soeur et le bonheur. Mais malheureusement, tout ne peux pas toujours être rose. En effet, son passé lui revient souvent par la présence de Chomski et de Charline dans son école, mais aussi le jour où son père arrive à Montréal et décide de reprendre avec lui sa fille. Pour elle un nouvel enfer commence.
 
C'est un très bon roman, autant que le premier volet de la vie de Lovelie. Cette jeune fille est attachante dans sa bonté, mais aussi son immense naïveté. J'ai eu beaucoup de bonheur à retrouver les personnages de ce roman, mais aussi beaucoup de peine à voir l'enfer dans lequel se retrouvait la charmante Lovelie.
 
J'ai trouvé que c'était un roman dur, la vie n'est pas toujours aussi facile qu'on peut se l'imaginer pour ceux qui ont choisi notre beau pays comme terre d'accueil. Il faudrait davantage de romans comme celui-ci pour nous faire connaître la réalité des jeunes noirs, mais aussi nous sensibiliser par rapport aux "gang de rue" qui sévissent partout en ville. Nous devons être sensibilisés pour ainsi prévenir et empêcher que des jeunes chers à notre coeur tombent sous leurs griffes. Et qui sait peut-être aider ceux qui font partie de ces bandes, eux aussi auraient besoin d’aide et de compréhension. Souvent les jeunes deviennent violent parce qu’ils ne savent pas ce que c’est qu’être aimer.

 

 
Mark Haddon, Le bizarre incident du chien pendant la nuit, NIL Éditions, 291 pages, 4.5/5
 
Christopher a quinze et est autiste. Cependant, les sciences et les mathématiques n'ont que très peu de secret pour ce jeune homme surdoué, qui adore, les listes, les plans mais plus que tout la vérité. Il déteste qu'on lui mente que ce soit délibérément ou par omission. Un jour il découvre le chien de sa voisine transpercé d'une fourche. Il décide d'enquêter afin de découvrir l'identité du meurtrier, et il fait de son enquête un roman, un roman où il n'écrira que la vérité.
 
C'est une bonne histoire, et nous avons vraiment l'impression d'être dans la tête de Christopher avec toute sa logique autiste. Il n'aime pas certaines couleurs, qu'on le touche, il voit tout, ses sens et son intelligence sont toujours aux aguets. J'ai toujours été passionnée par l'autisme, et ce roman est une bonne source pour, en quelque sorte, nous retrouver dans la peau d'un enfant qui en est atteint.
 
Rien n'est banal dans ce roman qui commence avec le chapitre 2, et dont tous les autres numéro de chapitres sont des nombres premiers. Le livre est truffé de plans, de diagrammes et de dessins. La seule chose que j'au moins aimé c'est cette vitesse qu'on sent dans le texte qui est saccadé. Mais, cela fait partie de l'univers de Christopher!
 
à lire!

 

 
Matthieu Simard, Ça sent la coupe, Stanké Éditeur, 270 p. 4.5/5
 
Matthieu Simard, nous revient en force dans ce roman. Il nous raconte encore une fois ses amours, mais cette fois, il les collectionne moins que dans "Échecs amoureux et autres niaiseries". En fait, il vit maintenant avec Julie, et il nous raconte la saison de hockey 2003-2004, tout en gardant toujours le parallèle avec ce qui se produit sur l'écran de télévision et dans sa propre vie, avec ses amours et sa "gang de chums".
 
Malheureusement, on aurait pu croire que Matthieu aurait quitté le monde d'ados attardés auquel il appartenait dans le premier roman, mais ce n'est pas le cas. Personnellement, j'ai de la difficulté avec les hommes de 30 ans qui agissent comme s'ils en avaient 15, mais Matthieu est différent, il est sympathique malgré tout. On sent qu'il se cherche, qu'il cherche un sens à sa vie, sans pour autant arriver vraiment à le trouver.
 
Donc, le roman est constitué de 93 petits chapitres, un par partie de hockey. J'ai beaucoup aimé l'originalité de cette construction de roman. Je crois que même un homme qui n'aime pas du tout lire, pourrait être charmé par cet excellent roman.
 
J'ai déjà hâte de lire Douce moitié, son troisième roman.

 

 

 

32. Francine Tougas, Les mardis de Béatrice, Libre expression,  195 pages, 2.5/5.
 
Chaque chapitre de ce roman est une rencontre de Béatrice et son psychologue. Elle consulte, elle ne sait trop pourquoi, elle résiste aux tentatives du psychologue de la faire parler, et chaque mardi, en fin de séance, elle dit que c'est la dernière, et pourtant elle revient toujours. Au fil des pages, Béatrice arrivera un peu à s'ouvrir, à se confier. Nous vivons avec elle sa résistance, sa crainte de ne pas être aimée et ses angoisses multiples.
 
Certes, le roman, avec son sujet et la résistance de Béatrice, aurait pu être drôle, mais il ne l'est pas vraiment. Les émotions heureusement sont bien dépeintes et franches, mais sans plus. Le fait que l'auteure prétend avoir travailler sur ce roman près de dix-huit ans, fait en sorte que nous avons beaucoup d'attentes... Flaubert aussi travaillait une dizaine d'années sur un roman, mais on y sentait le génie, les années de labeur, ce que nous ne retrouvons pas du tout dans ce court roman. Bref, je m'attendais à plus, à mieux!

 

Mai 2005

 

 
 Matthew Pearl, Le cercle de Dante, Robert Laffont, 403 pages, 4.5/5
 
Nous sommes en 1865, et un juge meurt dévoré vivant par des larves d'insectes. Une autre victime s'ajoute, celle-ci retrouvée enterrée vivante dans un tunnel avec les pieds hors de la terre brûlés vifs. Quatre érudits, reconnaissent rapidement dans ces crimes les châtiments décrits dans l'enfer de Dante. Ceux-ci étant en travail de traduction de ces textes, ont crainte d'être accusés et décident de mener leur enquête. Ils s'aperçoivent bien vite que le criminel n'est pas loin d'eux et connaît leur itinéraire de traduction.
 
C'est un très bon suspense, quoiqu'un peu complexe par moment. Il y a certaines longueurs, mais en général, l'auteur nous retient dans l'engrenage. C'est un roman intelligent et érudit, qui ressemble un peu au style du Da Vinci Code, mais qui est accessible même pour ceux qui ne connaissent que peu ou pas La divine comédie de Dante.
 
à lire!

 

 
Julie Durocher et Charles Paquin, Et si on se rencontr@it, Libre expression, 172 pages, 5/5

Elle a 32 ans et est travailleuse sociale. Lui est un réalisateur de 28 ans. Ils se rencontrent via Internet parce qu’ils travaillent tous deux sur un projet dont les titres se ressemblent. Flavie écrit donc à David, et s’ensuit une série d’échange tous plus intimes les uns que les autres. Se développe une grande amitié, une grande complicité. Leur rencontre réelle ne donnera que plus de force à leur amour.

C’est un court roman épistolaire que j’ai beaucoup aimé, l’intensité des personnages, leur complicité, et surtout l’authenticité de leurs émotions. C’est léger, mais en même temps profond et intense en émotions. D’autant plus qu’une grande partie de leur courriels est truffées de citations profondes et philosophiques de Cioran et de Christian Bobin entre autre. Je ne tarderai pas à lire la suite… Et si on se retrouv@it

 

 
Julie Durocher et Charles Paquin Et si on se retrouv@it, Libre expression, 168 pages, 5/5
 
Deux ans après la fin de leur relation, Flavie et David décident de recommencer lentement à s'écrire par courriel, pour tenter de renouer, de faire renaître leur complicité. Mais, deux ans c'est long et tous les deux ont changé, chacun a suivi une voie. Arriveront-ils à recréer ce qui s'est brisé deux ans auparavant?
 
Les personnages, encore une fois, sont palpables, nous avons l'impression de les connaître à fond, qu'ils sont des amis intimes. C'est une communication d'âme à âme qui se dévoile sous nos yeux. Les émotions sont intenses, les déchirures, les tristesses, mais aussi les joies profondes sont décrites avec brio et simplicité. On voit que les auteurs ont longuement analysé ce que pouvait être la vie de couple, la psychologie féminine et masculine, et beaucoup de recherche sur l'adoption internationale.
 
Bref nous avons ici un roman intelligent et simple à la fois! Un très bon moment de lecture!

 

 

 
Victor Violon, Rose Latulippe, le femme du lycanthrope, Les presses du Parc-Lafontaine, 140 pages, 5/5
 
À huit ans, Rose Latulippe voit son père médecin, "guérir" un loup-garou, en fait, il le tue pour le libérer de sa lycanthropie. Elle reste donc toute sa vie, fascinée par les loups-garous et la manière qu'ils le devienne. Pour le malheur des hommes, Rose est belle et fait craquer tous les hommes et ce qu’elle désire par dessus tout c’est être l’épouse d’un monstre. Mais c'est sur Conrad qu'elle jette son dévolu, et chaque fois qu'il est jaloux, il se transforme en monstre sanguinaire.
 
À vous de lire son histoire pour en connaître toute l'ampleur, toute la profondeur. J'adore ce type d'histoire mais j'avoue que j'ai une nette préférence pour les contes faisant état de pactes avec le diable tel que "La chasse-Galerie".


 
 

 
Matthieu Simard, Douce moitié, Stanké, 211 pages, 5/5
 
Dans Échecs amoureux et autres niaiseries et Ça sent la coupe, les deux romans précédents de cet auteur, nous avions rencontré Julie et Matthieu, un couple attachant et très réaliste. Dans ce dernier livre, Matthieu se prépare à demander Julie en mariage. Nous assistons à l’achat de la bague, la pratique de la demande, et bien entendu la soirée de la grande demande.
 
Avec toute la simplicité qu'on lui connaît, Matthieu nous fait passer un agréable moment de lecture, il nous fait rire et nous charme encore une fois.
 
C'est toujours un réel bonheur de prendre en main un roman de Matthieu Simard, quoique celui-ci est un demi-roman... donc le format est tout petit, donc nous n'avons que 211 demi-pages à nous mettre sous la dent. J'ai beaucoup aimé, mais dès la première page, je savais que j'en voudrais davantage. J'ai eu cette impression pour les trois volumes, le désir de ne pas le terminer pour ne pas quitter l'univers de Simard. Ce livre est comme une seule goutte d'eau qu'on donnerait à boire à quelqu'un qui est dans le désert depuis quelques jours... nous restons sur notre faim.
 
Mais cela ne signifie pas de ne pas lire ce livre, osez! Vous ne le regretterez pas! Et si vous en voulez davantage, après les trois livres, Matthieu a sur le web un site à lui, où il y a, pour le plaisir de ses lecteurs, des textes inédits!
 
Voici l'adresse:
http://matthieusimard.com
 
Bonne découverte!

 

 
Diane Lacombe, L'hermine de Mallaig, VLB éditeur, 519 pages, 2.5/5
 
Ce troisième roman de Diane Lacombe raconte en fait les événements qui se sont produits avant le premier volet de sa trilogie de Mallaig. Nous sommes donc en 1390 en Écosse. Lite MacGugan sauve de la potence Baltair MacNeil et l'épouse, plutôt que de se plier à épouser un homme dont elle ne veut rien entendre. Baltair, après le mariage, la confie à ses parents au château de Mallaig, mais il repars pour servir d’autres seigneurs, car il est en mauvais terme avec sa famille. Lite et Baltair apprendront à se connaître au fil des ans, et l'hermine arrivera à adoucir son guerrier de mari.
 
Personnellement, je crois que Diane Lacombe n’aurait pas dû continuer cette série, elle s'est enlisée dans un moule qui fait en sorte que lire l'hermine nous rappelle trop la châtelaine de Mallaig et même Sorcha de Mallaig. C'est toujours des conflits familiaux compliqués, des guerres pour protéger des châteaux, des mariages de raison, ou des mariages de convenance... bref je trouve qu'elle se répète.
 
Toutefois, on sent dans les textes l'amour qu'elle a de l'histoire  de l'Écosse médiévale, et elle est très documentée sur le sujet. Aussi ses personnages sont toujours attachants, mais encore là nous avons toujours la jeune femme forte et faible à la fois qui arrive à découvrir de la douceur chez un guerrier. C'est là le plus gros reproche que je ferais à ce livre, c'est que ses trois romans sont remplis de clichés et se ressemblent trop. Je dirais même qu'après avoir tant aimé les deux premiers volets, j'aurais préféré qu'elle sorte complètement de ce moule pour nous offrir quelque chose de nouveau, parce que c'est, malgré tout, une excellente auteure.

 

Juin 2005

 

 
Ian Caldwell et Dustin Thomason, La règle de quatre, Michel Laffon, 366 pages, 5/5
 
En 1499 paraît le livre Le songe de Poliphile, un livre qui est écrit en plusieurs langues et qui est mystérieux au point que 500 ans plus tard, le secret de l'auteur n'est toujours pas résolu. Deux étudiants de Princeton, Paul et Tom travaillent ensemble afin de découvrir les messages cachés dans le texte, qui leur révélerait l'existence et l'endroit d'une crypte secrète. Tom a vu son père travailler sur ce même livre toute sa vie avec deux  autres professeurs de Princeton. Et tous sont prêts à tout pour découvrir le secret.
 
C'est un très bon livre et le suspense nous tient tout au long du roman. C'est intelligent, érudit, mais pas trop, je dirais que ce livre ressemble en quelques points à ceux de Dan Brown, et au Cercle de Dante, mais est tout de même original et différents. Les deux auteurs nous révèlent un livre d'une intelligence rare, et j'espère qu'ils nous offriront un jour un autre chef d'oeuvre comme celui-ci.
 

 

 
Sylvie Medvedowsky, Le merveilleux divorce de Juliette B., Plon, 249 pages, 4/5

Juliette, mère de deux enfants de 10 et 13 ans, la quarantaine, passe la pire période de toute sa vie : elle divorce. Son mari entame des procédures en appel, refuse de payer la pension et Juliette doit accepter en plus la présence d’une nouvelle femme dans la vie de ses « bébés » et dans celle de son ex-époux.

Elle décide donc, elle aussi de se battre contre son époux pour lu donner un peu de fil à retordre.

C’est un bon roman, drôle qui nous rappelle un peu l’humour de Nicole De buron. L’Écriture est rapide et précipitée, les événements se bousculent souvent, ce qui ne nous laisse guère le temps de nous ennuyer.

Une lecture d’été parfaite!

 

 
India Knight, Nos amis les hommes, Fleuve Noir, 232 pages, 4/5
 
Stella a 38 ans, mariée jeune elle est divorcée et mère de Honey, 18 mois, fille de son second amoureux. Aujourd’hui, elle cohabite avec Frank, un coureur de jupon invétéré qui collectionne les rencontre d’un soir.

Mais Stella se sent seule et n’est pas tout à fait à l’aise avec les différente compagne que son locataire ramène à la maison. Mais trouver l’homme idéal n’est pas une tâche simple et de là à voir en Frank, un homme idéal… lui qui est si roux…

En parallèle, Stella commence à fréquenter un groupe de mamans qui se réunissent deux fois par semaines pour échanger entre eux et faire jouer les enfants ensemble.

C’est un livre que je qualifierais de comédie romantique, un peu cliché et facile, mais tout de même une belle évasion qui nous permet de rigoler un peu.

 

 
Harlan Coben, Une chance de trop, Belfond, 426 pages, 5/5

Marc se réveille d’un coma de douze jours suite à une fusillade. Mais Marc ne se souvient de rien. Ce sont les policiers qui lui expliquent que son épouse n’a pas survécu et que sa petite fille de dix-huit mois a disparu. Commencent les recherches, la demande de rançon pour la petite, et toute la vie de Marc bascule. Qui a enlevé sa fille? Qui a tué sa femme et l’a laissé pour mort? Sur le parcours, il rencontrera des policiers qui le soupçonnent, une filière d’adoption illégale, des tueurs, et son ancienne copine.

C’est un excellent suspense, je pourrais dire que c’est l’un des meilleurs que j’ai lu depuis longtemps. Nous allons de rebondissements en rebondissements, nous sommes toujours étonnés, nous cherchons à savoir la vérité.

Je vous le conseille fortement, Harlan Coben est vraiment un auteur à connaître.
 

 

 
Tahar Ben Jelloun, le dernier ami, 147 pages, 4/5

C’est l’histoire d’une amitié longue de trente ans entre Ali et Mamed. Cette relation passera à travers plusieurs problèmes de communication, de jalousie et de trahison.

Le roman est écrit en trois temps. La version d’Ali, pour débuter, celle de Mamed et pour terminer la conclusion de cette amitié relatée par leur ami commun Ramon. C’est au fil du récit que nous comprenons tous les malentendus qui ont mené à la rupture et les différentes manières de penser des deux individus.

C’est une très beau récit malgré toute la détresse qu’il nous présente, autant en ce qui concerne l’amitié que le contexte historique qui l’entoure. J’ai eu quelques difficultés à me laisser prendre par l’histoire des débuts de leur amitié, en fait je préférais de loin l’époque où ils étaient mariés tous les deux. Malgré tout c’est un livre à lire!

 

Juillet 2005

 

 
Anna Gavalda, 35 kilos d'espoir, bayard jeunesse, 110 pages, 5/5

35 kilos d'espoir. c'est l'histoire de Grégoire, un jeune garçon de 13 ans qui déteste l'école, tellement qu'il ne cesse de redoubler. Un jour de juin, il est renvoyé, ce qui fait le désespoir de ses parents, car aucune école ne veut de lui pour le mois de septembre. Il y a aussi le grand père Léon qui est très déçu de son petit fils et ne veut le consoler. Commence donc pour Grégoire une période sombre où seul l'espoir et la volonté pourront l'aider.

C'est un très bon roman jeunesse, empli d'espoir, attachant et triste par moments, j'ai même versé quelques larmes. On reconnaît dans ce livre tout le talent de Anna Gavalda et son don pour faire de ses personnages des amis qui nous sont chers et intimes. Longue carrière à cette fabuleuse auteure!

 

 
Charles Paquin, L'homme whippet: le couple québécois en miettes, éditions JCL, 137 pages, 2/5.
 
L'auteur se propose, dans ce pamphlet, de nous présenter l'état du couple au Québec, mais surtout la condition masculine, selon sa propre conception. Il nous présente l'homme en général, comme étant soumis totalement à la volonté féminine, un homme qui ne peut vivre en couple, un homme mou et malheureux à cause des femmes.
 
D'un même souffle il nous présente la femme comme étant une castratrice professionnelle, une femme dont le seul désir est de mettre l'homme en cage et surtout de lui faire coûte que coûte un bébé.
 
J'ai eu l'impression que Paquin ne nous présentait pas seulement le cas de quelques hommes, mais plutôt le portrait de tous les hommes québécois. Aussi, on croirait presque qu'aucun couple ne peut survivre à un an ou deux de vie commune, sans devoir rompre un jour ou l'autre. Il écrit même que le couple est une institution comme l'église qui ne fonctionne pas. Désolée, mais je crois que le couple est une entité qui peut encore durer et s'aimer.

 

 
Isabelle Gaumont, Cousine de personne, Stanké, 183 pages, 5/5

Le personnage principal de ce roman est une jeune comédienne au théâtre, qui n’est certes pas très connue, mais qui préfère choisir un peu ses rôles pour ne pas avoir honte de ce qu’elle pourrait tourner ou jouer. Son père la compare souvent à sa cousine comptable, qui vit dans une belle maison et un bon métier. Notre artiste souffre beaucoup de cette idolâtrie de son père envers sa cousine, mais elle préfère vivre comme elle l’a décidé.

Jusqu’au jour où la cousine comptable, devient la vedette d’une télé-réalité. Là la cousine inconnue devient plus connue que la comédienne et s’ensuit plusieurs événements qui nous rappellent beaucoup ce qui se passe dans la vraie vie avec les participant des télé-réalité.

C’est un roman criant de vérité sur le milieu du spectacle, ce sont des choses que les artistes dénoncent haut et fort depuis l’arrivée des séries réalité. Isabelle Gaumont a réussi avec brio à nous entraîner dans ce monde qu’elle connaît bien puisqu’elle est elle-même comédienne. Le tout avec beaucoup d’humour.

 

Août 2005

 

 
Agota Kristof, L'analphabète, Éditions à vue d'oeil, 97 pages, 4.5/5
 
C'est en onze courts chapitres qu'Agota Kristof se raconte,  nous découvrons comment l'amour de la lecture l'a portée un jour à écrire. Elle nous explique son amour des mots, comment elle dévorait les livres dans son enfance en Hongrie. Cependant, à cause de la guerre, un jour elle fut analphabète, car elle apprenait à vivre dans un pays où le français était la langue parlée et écrite. Elle a donc appris lentement cette autre langue pour arriver à nous offrir les fabuleux romans que nous lui connaissons.
 
C'est très intéressant, écrit simplement et chaleureusement. Cependant, j'ai trouvé que c'était beaucoup trop court, j'aurais aimé qu'elle élabore davantage sur sa vie, son enfance, ses pensées. Un très beau petit livre et en plus la couverture est vraiment très très jolie!
 

 

 
Paulo Coelho, Le Zahir, Flammarion, 363 pages, 3/5.
 
Dans ce roman, l'auteur nous présente un auteur qui découvre un jour que sa femme a disparue, l'a-t-elle abandonné pour un autre? A-t-elle été agressée et assassinée? C'est un homme qu'elle avait dans sa vie, qui aidera notre auteur à découvrir la vérité sur le départ mystérieux de son épouse.
 
Il y a tout plein de leçons de vie dans ce roman et  l'écriture est toujours aussi belle que dans ses autres histoires, mais je ne retrouvais pas le filon qui m'attendrissait toujours et me retenait aux mots de l'auteur. Je ne sais pas, je n'arrivais pas à vraiment me laisser guider dans cet univers, et m'y laisser emprisonner. De plus, il me semblait que trop de thématiques étaient abordées par les différents personnages, trop de leçons sur des thèmes différents nous étaient offertes.  C'est pourquoi j'ai choisi à 100 pages de la fin de laisser tomber. Peut-être n'étais-je pas prête au Zahir? Peut-être un jour me laisserais convaincre de replonger? Qui sait!

 

 
Pierre Leroux, Cher éditeur, Albin Michel, 243 pages, 4.5/5
 
Ce roman est un recueil de lettres qu'un éditeur reçoit à son bureau. Toutes plus loufoques les unes que les autres, cela nous donne une bonne idée de ce que peut ressentir un écrivain qui espère ardemment être publié et qui essuie un refus. En prime nous avons la réponse de l’éditeur à toute cette correspondance.
 
C’est un roman drôle mais aussi empreint de pathétisme de la part des auteurs qui menacent, qui seraient prêt à tout pour être publié. J'espère pour tous les éditeurs de ce monde qu'ils ne reçoivent pas autant de lettres aussi pathétiques et complètement folles! Pour en savoir plus sur les coulisses de l'édition c'est le livre idéal, et en plus vous pourrez rigoler un peu!


 

 
Marek Halter, Sarah, La bible au féminin 1, Robert Laffont, 297 pages, 4.5/5

L’auteur a choisi, dans cette trilogie, de nous présenter la bible selon les femmes qui ont jalonné l’histoire des tous ces hommes dont on nous a tant parlé dans la Bible. Ainsi, dans le tome premier, Halter nous présente Sarah qui est l’épouse de Abraham. Celle-ci rencontre Abraham suite à une fugue qu’elle fait parce que son père veut la marier à un homme qu’elle n’a pas choisi, Jamais Sarah n’oubliera Abraham malgré les années qui passent avant qu’elle ne le revoie et ne l’épouse. Mais entre temps, elle a commis l’irréparable, et a bu des herbes qui lui ont laissé le « ventre sec ». Elle ne peut avoir d’enfant.

Nous la suivons dans son périple avec son époux vers Canaan, nous ressentons avec elle la peine de savoir qu’elle n’aura jamais d’enfant et le poids de son inaltérable beauté. C’est un très bon livre qui nous montre un autre visage des textes bibliques. J’ai beaucoup apprécié mon incursion dans ce monde si loin du notre.

 

Septembre 2005

 

 

 
Mazarine Pingeot, Bouche cousue, Julliard, 228 pages, 3.5/5.

Mazarine, Pingeot est la fille née hors mariage de François Mitterrand, président français. Mais étant illégitime, Mazarine a toujours vécu dans l’ombre de son père, loin des caméra. C’Était toujours son autre famille qui le suivait pour sa carrière. Elle a tout de même connu beaucoup son père car il vivait avec elle et sa mère la majorité du temps, mais ce n’était pas facile toujours.

L’auteure décide aujourd’hui d’écrire ce livre pour raconter à son enfant à naître, sa vie, mais surtout, elle désire lui parler de son grand-père, qu’il le connaisse comme elle l’a connu.

C’est intéressant de voir ce que pouvait être la vie de cette jeune femme, mais sans plus. Faut dire que pour moi, Mitterrand est presque un inconnu, alors j’avais mois d’intérêt. Mais je dois dire que ce dialogue avec un enfant à naître et tout ce que raconte Mazarine sur cet enfant, m’a profondément touchée. Et ce livre m’a donné envie de connaître les autres écrits de cette auteure.

 

 

 
Jean-Marc Martel, l’inceste c’est pour la vie, Éditions Émeraude, 276 pages, (seconde lecture) 5/5

Ce livre raconte l’histoire de Sophie, qui a partir de ses quatre ans a été l’esclave sexuelle de son père et ensuite de se deux frères. Nous vivons avec elle ces années d’enfance et d’adolescences perdues dans les méandres des sévices sexuels, et ce jusqu’à son départ de la maison familiale. Mais rien n’est terminé, commence pour elle l’enfer de la vie de mère. Elle croit avoir le devoir de protéger ses filles de tous les homes de ce monde, son mari y compris. C’est donc un enfer pour elle, mais aussi pour son époux et ses filles.

Un très bon roman écrit par un ancien policier qui a dû entendre plus d’une histoire de ce genre. C’est écrit avec beaucoup de sensibilité et de réalisme. L’auteur nous montre bien pourquoi l’inceste c’est pour la vie.

C’était ma seconde lecture et j’ai encore été frappée par toute cette violence, mais aussi par l’habileté de l’auteur à nous raconte une histoire telle que celle-ci. Nous aurions tendance à croire que les hommes ne comprennent que peu la douleur de l’inceste, mais pour Jean-Marc Martel, ce n’est pas le cas. À lire ou à relire!

 

 

 
Marek Halter, La bible au féminin 2. Tsippora, Robert Laffont, 267 pages, 3.5/5

Tsippora est une jeune fille noire adoptée à la naissance par une famille blanche. Elle voit ses sœurs se faire courtiser et ensuite se marier, tout en sachant qu’à cause de la couleur de sa peau, elle ne sera jamais demandée en mariage. Cependant, un jour elle rencontre Moïse, et celui-ci veut l’épouser. C’est elle qui refuse, car dit-elle, Moïse doit aller sauver de l’esclavage son peuple, afin d’être digne de l’épouser.

L’adage dit que derrière chaque grand homme se cache une femme, et c’est vraiment ce que nous découvrons pour le cas de Moïse. Sans Tsippora, Moïse ne serait pas le Moïse que la bible nous présente.

C’est un bon roman, mais moins accrocheur que le premier qui nous présentait la femme d’Abraham. Le rythme est trop lent. Mais je vais tout de même lire le troisième et dernier tome de la série.

 


 

 
Christiane Frenette, Après la nuit rouge, Ed. Boréal, 167 pages, 3.5/5

En 1950, un énorme incendie a dévasté le quartier de Thomas. C’est la nuit rouge qui a conduit Thomas a l’hôpital.

!955, Thomas revient de son séjour et retrouve Romain, son ami d’enfance et la famille de ce dernier. Ils forment ensemble une étrange famille, Thomas aux souvenirs fragiles et souvent absents, Romain le médecin surchargé de travail et Marie l’épouse dépressive qui a de la difficulté à s’occuper de ses enfants.

Entre les chapitre se déroulant en 1955, on remonte en 2002 où Lou la cadette de Romain et Marie revient d’une fugue de 30 ans. Elle avait quitté sa famille pour partir à Chicago avec Joe. Mais aujourd’hui, elle revient et ne sait pas si elle doit revoir ou non sa famille.

C’est un roman très bien écrit, mais parfois trop complexe. Il faut vraiment lire entre les lignes et je dirais que c’est après la demi du livre que nous cernons vraiment l’enjeu. Mais c’est un livre à lire pour ceux et celles qui aiment les belles plumes.

 

 

 
François Gravel, Adieu, Betty Crocker, Québec Amérique, 160 pages, 5/5.

Benoit Fillion, professeur de management à l’université et écrivain, a toujours idolâtré sa tante Arlette. Dès son enfance, il la voyait comme la mère idéale qui fait des carrés aux Rice Crispies, des sandwichs pas de croûtes, mais surtout une oreille attentive.

C’est à la mort d’Arlette que Benoît comprend qu’une maladie retenait sa tante à la maison. En effet, elle n’a pas quitté le domicile familial depuis 30 ans. Ce qui faisait d’elle une ménagère parfaite, aux yeux des gens de l’extérieur. Il décide donc de faire une enquête sur la vie d’Arlette afin d’écrire l’histoire de cette femme. Il rencontre au départ ses cousins et cousines qui lui raconte leur vie avec leur mère. Le livre se termine sur la voix d’Arlette qui enfin se raconte.

C’est très bien « raconté », nous avons réellement l’impression que l’auteur nous raconte son roman au creux de l’oreille. C’est un livre rafraîchissant qui nous offre une belle leçon de vie : Le bonheur est souvent dans les petites choses!

 


 

 
Amélie Nothomb, Acide Sulfurique, 192 pages, 4.5/5

Ce roman fort original nous emporte dans une émission de téléréalité nommée "Concentration" et comme son nom nous l'indique, celle-ci se passe dans un camp de concentration. Des gens sont payés pour torturer les participants qui ont été "pêchés" un peu n'importe où. Aucun d'entre eux n'a choisi de participer à cela.

Les Kapos, sont les maîtres et chaque matin ils doivent choisir qui devra mourir, jusqu'au jour où les organisateurs donnent ce droit aux téléspectateurs.

C'est l'horreur tout au long du roman, on assiste à la déshumanisation pure et simple.

C'est un roman original, et dans lequel nous reconnaissons tout le talent d'Amélie. Cependant, je ne dirais pas que c'est son meilleur. Robert des noms propres et Hygiène de l'assassin étaient encore meilleurs.

Mais comme c'est le cas pour tous les titres de cette auteure, nous ne pouvons que le lire d'une traite!

 


 

 
François Barcelo, Bossalo, XYZ editeur, 5/5
 
Victor Bossalo est un personnage de roman, qui au rythme de notre lecture se découvre lui-même. L'auteur qui lui donne vie lui fait vivre plusieurs aventures, il lui fait commettre un l'adultère, un viol, il lui donne une maladie honteuse et finalement perd la vue.
 
C'est drôle et satirique, certains critiques disent que c'est un pastiche de roman policier, je ne suis pas certaine d'être d'accord avec eux. Mais j'ai beaucoup aimé cette originalité dans l'œuvre de Barcelo.
 
Une évasion garantie!

 

 

Octobre 2005

 

 
Suzanne Lardreau, Orgueilleuse (Récit) Éditions VDB 276 pages, 4/5

L’auteure nous raconte son enfance dans les orphelinats et pensions. Née d’une relation hors mariage avec un allemand, Suzanne a immédiatement été étiquetée fille de « Boche ». Elle a été retirée de son foyer familial et la famille d’accueil l’a abandonnée à cause de son caractère. Bref, Suzanne a utilisé sa force de caractère pour se sortir des pensions et orphelinats où la compassion et la chaleur humaine n’était pas monnaie courante.

C’est un récit simple, raconté avec humour. L’auteure a su nous partager avec brio ses années de solitude et de misère, mais aussi toute la force qu’elle a déployée pour être ce qu’elle est aujourd’hui.

 

 

 

 
Suzanne Myre, Le peignoir (nouvelles), Les éditions Marchand de feuilles, 5/5

Ce livre regroupe six nouvelles où nous est dépeinte la vie quotidienne des personnages, l’envers des relations de couple et aussi la vie des femmes qui se racontent. Nous allons avec Manon dans un spas luxueux, nous nous retrouvons au milieu des maringouins et chez la massothérapeute. Mais dans chaque nouvelle, nous retrouvons un peignoir qui représente souvent la sécurité, le confort.

C’est écrit avec beaucoup de simplicité et tout de suite l’écriture et tous les personnages nous sont sympathiques. J’ai beaucoup aimé, tellement que je ne vais pas tarder à lire tous les autres recueils de nouvelles de cette auteure.

 


 

 
Traudl Junge, Dans la tanière du loup, Les confessions de la secrétaire d'Hitler, JC Lattès, 307 pages, 4/5
 
Traudl avait 22 ans quand on lui a proposé le poste de secrétaire auprès d'Hitler. Elle était jeune, le salaire était bon, et elle espérait un jour devenir danseuse, donc ce salaire aurait pu lui permettre, après la guerre, de se consacrer pleinement à la danse. Mais les événements que l'on connait déjà trop n'ont pas permis la réalisation de ce rêve de jeune fille.
 
Nous vivons donc dans les souvenirs de Traudl, auprès d'Hitler, nous assistons au fanatisme, à l'adoration de certains hommes vivant auprès d'Hitler.
 
C'est un autre point de vue intéressant de connaître, mais très dur aussi. Il y a entre autre un moment qui est traité rapidement dans le livre mais sur lequel on a mis l'emphase dans le film, qui est assez perturbateur.
 
Traudl avoue humblement avoir été aveugle en ce qui concerne les événements extérieurs au bunker, c'est même seulement quelques années après la guerre qu'elle comprend toute l'ampleur que cette guerre a eu sur les juifs. Elle se sent coupable encore aujourd'hui et c'est avec simplicité et honnêteté qu'elle se raconte.
 
Je dirais que le film et le livre se complètent l'un l'autre et que l'un ne peut aller sans l'autre.


 

 

Maurice G Dantec, La sirène rouge, Gallimard (série noire), 479 pages, 2.5/5 

Alice a douze ans quand elle découvre que sa mère est une meurtrière et une tortionnaire. Ses crimes, elle les commet avec son nouveau conjoint.

 Alice part de chez elle et, avec une cassette vidéo montrant un crime commis par sa mère, elle se rend à la police. Mais les choses sont difficiles à prouver, toutes les traces ont disparues à l'arrivé des policiers. Alice fuit donc pour ne pas être reprise par sa mère.

 Dans sa fuite, elle sera aidée par Hugo qui n'a peur de rien et surtout pas de tuer. Mais il s’engage à ramener Alice auprès de son vrai père.

 C'est un roman à suspense, mais il contient beaucoup trop de longueurs, de détails qui pourrait être enlevés, j'ai détesté assister à toutes ces tueries entre Hugo et les mercenaires envoyés par la mère d'Alice. C'est donc à 100 pages de la fin que je me suis décidée à abandonner. Je n’en pouvais plus. Mais comme j’avais lu presque les 2/3 du livre, je me suis permise une critique!

Cependant, je connais plusieurs personnes qui ont beaucoup aimé ce livre, donc je ne le déconseille pas. Pour ma part, ce livre ne me rejoignait pas, tout simplement.

 

 

 

Suzanne Myre, Humains aigres-doux (Nouvelles), Éditions Marchand de feuilles, 157 pages, 5/5

Ce livre regroupe douze nouvelles où différents personnages prennent la parole, dont un perroquet, un coiffeur assez particulier, une adolescente qui se questionne sur ses seins, et une femme au bord de la quarantaine.

 C’est avec beaucoup d’humour que l’auteur nous présente sa critique sociale. Nous rencontrons les différents personnages avec bonheur et nous les retrouvons au sein des autres nouvelles avec plaisirs, de sorte que nous avons plusieurs point de vue sur un même événement. Bref j’ai beaucoup aimé surtout le personnage de Chrystelle et le célèbre coiffeur Walter. À lire absolument qu’on aime ou pas la nouvelle.

 

Novembre 2005

 

 
Suzanne Myre, j'ai de mauvaises nouvelles pour vous, (Nouvelles), Éditions Marchand de feuilles, 173 pages, 3.5/5.
 
Dans ce bouquin, l'auteure nous présente douze nouvelles toutes de longueurs différentes. Cela va de 2-3 pages à près de 90 pages pour la dernière. Toutes les nouvelles ont, cependant, un même thème: l'amour, les relations amoureuses heureuses ou non.
 
C'est toujours avec beaucoup d'humour et d'ironie que l'auteure nous convie, mais j'ai moins aimé ce recueil. Je me reconnaissais moins dans les personnages et il manquait ce je ne sais quoi qui m'étais si sympathique dans les autres recueils.
 
Cela ne m'empêchera pas de lire le seul recueil qui me reste à lire: « Nouvelles d'autres mères » .

 

 

 
Guillaume Musso, et après..., Éditions VDB 508 pages, 4,5/5
 
Nathan, un avocat brillant et reconnu rencontre un jour un "messager" c'est-à-dire un homme qui a pour devoir d'aider les gens à accepter leur mort prochaine. Il se croit dès lors condamné. Malheureusement, quoique sa carrière soit un succès il n'en est pas de même de sa vie personnelle. Il ne voit pas souvent sa fille et sa femme Mallory l'a quitté.
 
Ce n'est cependant pas la première fois que Nathan est confronté à la mort. Il a vu son fils mourir du syndrome de mort subite du nourrisson, alors qu'il l'avait sous sa garde, et alors qu'il avait 8 ans, il a vu le tunnel de la mort, après avoir sauvé de la noyade Mallory. Donc, il a peur et cherche à corriger ses erreurs passées.
 
C'est un très bon roman qui est simple et en même temps très profond. L'auteur nous ramène à l'essentiel, aux valeurs qui sont importantes dans l'existence humaine. C'est un livre qui nous parle vraiment, autant par le texte en lui-même que par les pensées qui débutent chacun des chapitres.
 
Bref, c'est un bouquin que je conseille fortement à tous!

 

 

 
Jodi Picoult, Pour que justice soit faite, Presse de la cité, 478 pages, 5/5
 
Nina Frost est substitut du procureur depuis plusieurs années lorsqu'elle apprend que son fils de 5 ans, Nathaniel, a été violé. Elle décide de se faire justice elle-même, avant même le procès, parce qu'elle ne sait que trop que les punitions pour les violeurs sont dérisoires. S'ensuit le procès de Nina, et l'enquête autour du viol de Nathaniel.
 
C'est un bon roman, à la hauteur de tout ce que cette auteure nous a offert jusqu'à maintenant. C'est toujours des histoires réalistes et empreinte d'une grande sensibilité. C'est cependant difficile pour le cœur d'une maman de lire les passages où l'enfant exprime sa peine, sa douleur face aux événements.

 

 

 

 
Eliane Girard, Magali, Yourcenar et moi, JC Lattès, 234 pages, 4/5

Pour les homosexuels, il est souvent difficile d’affronter sa famille ou son entourage sur le sujet, et plusieurs ne se résignent à faire part de leur préférence. Donc, c’est compliqué de cacher cet état de fait à l’entourage proche, et c’est encore pire quand l’amour de votre vie est votre collègue de travail.

C’est le cas de Magali et Cécile. Elles travaillent ensemble et veulent garder secrète leur relation, d’autant plus que leurs familles respectives ne sont pas au courant. Les choses se compliquent surtout lorsqu’elles décident d’habiter ensemble.

Le roman est en fait le journal intime de Cécile, et c’est avec beaucoup de finesse et d’humour qu’elle se raconte. J’ai beaucoup aimé, mais le fait que ce soit un roman français, il y a plusieurs expressions qui me semblent un peu étranges et dont je devais deviner la signification. En général, j’ai passé un très bon moment avec ces personnages.

 

 

 
Michel Vastel, Briser le silence : Nathalie, Libre Expression, 314 pages, 4/5

En mars 2004, nous apprenions au Québec que l’un des imprésarios et gérant d’artistes les plus reconnus était accusé d’agression sexuel sur une mineure. Un nom était sur toutes les lèvres : Nathalie Simard, notre idole de jeunesse. En mai 2005, Nathalie a dévoilé au public son identité et son cauchemar d’enfance. Elle avait été agressée, menacée, et soumise à cet homme pendant 25 ans.

Michel Vastel relate dans ce livre l’enfance de Nathalie, sa montée au sommet de la popularité, mais tout ce qui se cachait aussi derrière son magnifique sourire. C’est en lisant cela que nous comprenons totalement l’idée des masques sociaux qui cachent ce qu’est intérieurement une personne. Nathalie portait le masque de l’enfant, l’adolescente et la femme heureuse, mais derrière se cachait une personne blessée et qui avait constamment peur. Guy Cloutier aussi portait un masque, celui de l’impresario et père modèle, bon vivant, mais en fait derrière le masque se cachait un monstre, un être imbu de lui-même.

Pour ce qui est du livre, avec tout le battage médiatique des dernières semaines, nous n’apprenons pas beaucoup de choses de plus. Aussi, il y avait quelques répétitions qui m’exaspéraient. Cependant, je remercie l’auteur de n’avoir pas trop voulu nous entraîner dans le sordide, dans l’atrocité des gestes posés, ainsi on ne pourra l’accuser d’avoir comblé le désir des trop nombreux voyeurs qui liront ce livre.

Par ma lecture, j’ai revécu des souvenirs de mon enfance, des souvenirs dont Nathalie fait partie intégrante. Elle était celle que j’aurais voulu être, mai aujourd’hui je sais qu’elle aurait certainement préféré ma vie à la sienne. Comme quoi tout nous paraît toujours plus beau chez le voisin.

Mais ce que j’ai préféré dans ce bouquin c’est de voir évoluer Nathalie Simard, la voir se sortir de son cauchemar. On assiste à la renaissance d’une femme et à la mort (virtuelle et professionnelle) de son bourreau. Nathalie a eu beaucoup de courage de dénoncer cet homme si puissant, et je suis certaine que sa fondation aidera énormément de victimes à s’en sortir, Nathalie est devenue un modèle au fil des ans pour plusieurs générations de femmes, et elle le restera.

Les gens du Québec me demanderont : « Et que penses-tu de René, et de sa sortie contre ce livre? » Je ne sais pas qui dit exactement les faits, Nathalie ou René… et en vérité, cela m’importe peu, mais une chose est certaine, René avait été mis au courant par Nathalie des faits et il a tout de même continué à travailler avec Cloutier. C’est certain qu’il ne comprenait pas toute l’ampleur de ce qu’avait pu vivre Nathalie. Les victimes d’agressions sexuelles doivent apprendre à vivre avec ce nuage dans leur cœur tout le reste de leur vie. Elles peuvent tenter de pardonner, mais jamais elles n’oublieront, jamais. Et lorsque leurs filles grandiront, la peur reviendra… encore et encore…

 

 

 
Agota Kristof, C’est égal, (Nouvelles) Éditions Seuil, 107 pages, 5/5

L’auteure nous présente dans ce recueil de nouvelles, vingt-cinq textes qu’elle a écrits au fil des ans, au fil de sa carrière. Il y a dans ces textes des thèmes qui reviennent constamment tels que la solitude, la mort, la peur, le tout traité avec mystère et émotion.

Les nouvelles qui m’ont davantage marquées sont celles où le narrateur nous explique son amour pour sa maison d’enfance, une maison qu’il recherchera partout et toujours, parce qu’il n’arrive à l’oublier. Il y a aussi ce type qui aime tant les rues, qu’il a peur de mourir avant d’avoir revue telle rue, telle maison etc. mais la plus émouvante est sans contredits, celle où l’auteure nous parle du décès de son propre père, ce père qui ne s’est jamais promené main dans la main avec elle…

Pour les amateurs de Kristof, à lire absolument, car vous y retrouverez cette ambiance que nous avons découvert dans la trilogie du grand cahier...

 

Décembre 2005

 

 
Julie Lemay, Un automne au loft, le journal de la gagnante de Loft Story, Éd. Les Intouchables, 142 pages, 3.5/5


Julie Lemay, depuis son passage à Loft Story a publié deux livres traitant de ce phénomène télévisuel qu’est la téléréalité. Ayant beaucoup lu sur ce sujet dans le cadre de mes recherches sur les médias, et désirant lire ce que Julie présente dans son second livre, « L’envers de la téléréalité » j’ai voulu avant tout lire son journal de lofteuse pour me remettre en tête qui était cette jeune femme.

Ce livre se veut un journal intime qu’elle a écrit tout au long de son passage au loft. C’est simple et bien écrit. De plus, Julie a une façon d’écrire qui nous place un peu comme un confident, un ami. On se sent près d’elle, on dirait qu’elle nous parle à nous et j’aime beaucoup ce type de contact avec l’auteur.

Cependant, je me demande toujours quel était le but de publier son journal, peut-être pour nous montrer son vrai visage, mais ceux qui ne se laissent pas berner par la téléréalité avaient deviné qui était cette jeune femme. Donc, de mon côté je n’ai pas appris grand-chose, je savais déjà que cette jeune femme était profonde, un rayon de soleil, mais aussi une personne sensible et prête à tout pour aider son prochain. Mais, ce qui m’a surpris c’est cette lucidité face au phénomène de loft story qu’elle qualifiait dès le début de « télé-irréalité ».

J’ai bien hâte de lire son second livre qui se veut un regard sur la téléréalité en général. Je crois que Julie Lemay pourrait faire une belle carrière et vivre de son écriture car elle a une très belle plume, une sensibilité qui ne peut que nous séduire et que de sagesse!

 


 

 
Jacques Savoie, Les soupes célestes, Fides, 275 pages 4.5/5.

Ce roman de Savoie est difficile à résumer, il est un peu comme une soupe où tous les ingrédients sont différents, mais se marient à merveille.

Tout commence à la fin d’un voyage en Floride de Max et sa mère. Ils sont sur le chemin du retour et Max se fait voler son Winnebago où dormait sa maman. Il la retrouve mais meurt subitement dans un affrontement. Alex, le second fils, très différent de son frère, apprend que le défunt était très riche et il découvre le visage caché de Max. S’ensuivent les affrontements entre le notaire, la mère et Alex en ce qui a trait à l’héritage.

Tout au long de ce roman, Alex fera la rencontre d’un sans-abri marxiste, d’une religieuse flamboyante, tous deux amis de son frère et d’une thérapeute un peu particulière.

Tous les personnages sont attachants, drôles et ils nous montrent ce que sont les relations humaines entre gens de groupes sociaux différents.

C’est un excellent roman que je conseille à tous! Et vous aurez en prime quelques recettes de soupes qui semblent toutes plus savoureuses les unes que les autres.
 

 

 

 
 Eliane Girard, Mais qui va garder le chat?, JC Lattès, 228 pages, 4.5/5

Ce livre est la suite de « Magali, Yourcenar et moi ». Dans ce deuxième tome des aventures de Cécile, celle-ci se remet difficilement de sa rupture avec Magali, et comble de malheur Yourcenar est malade et elle doit faire appel à Magali pour l’aider à s’occuper du chat malade.

Donc, elle apprend à vivre sans Magali et tombe amoureuse de Fanny. La vie reprend son cours normal et le nouveau couple décide d’avoir un enfant. Et c’est cette fois-ci la difficulté d’être parent pour les couples homosexuels que nous entrevoyons dans ce roman humoristique.

C’est très bon comme deuxième roman, les personnages sont toujours aussi attachants. Bref j’ai beaucoup aimé, mais je crois que si l’auteur prolonge avec ces personnages, qu’elle s’essoufflera rapidement.

 

 

 
Julien Neel, Lou (1) Journal infime, Édition Glénat, 48 pages, 4/5.
 
Lou habite seule avec sa mère et elle nous raconte par le biais de cette bd sa vie avec sa maman, son histoire d'amour avec le petit voisin, ses amitiés. Bref, tout ce q’il faut savoir sur l'existence d'une préadolescente.
 
C'est une bd humoristique où presque chaque page est une histoire en soi, ce qui ne permet pas un suivi. Personnellement, je préfère les BD où on nous présente une histoire continue. Mais, Lou n'en est pas moins très sympathique et sa mère, quoique peu conventionnelle est très amusante et sympathique.
 
Je lirai le second tome dès que je le pourrai, un bon moment en perspective!

 


 

 
Didier Van Cauwelaert, Attirances, Éd. Albin Michel, 248 pages, 5/5

Ce livre pourrait être qualifié de recueil à trois nouvelles longues ou encore de recueil de trois minis romans, en fait je suis un peu dépourvue de mots pour décrire ce que ce livre a produit en moi. Autant, il nous laisse un sentiment étrange, autant nous sentons que le talent de l’auteur atteint ici un sommet.

Donc, trois histoires : celle d’un écrivain en panne d’inspiration qui est harcelé par une étudiante qui écrit sa thèse sur lui; un peintre qui affirme avoir tué les deux modèles de ses deux derniers tableaux… et pourtant aucun corps n’est retrouvé, aucune trace, rien… ; et finalement une maison qui ne veut pas mourir et qui envoûte tous les hommes qui s’y aventurent. Toutes trois des histoires d’attirances auxquelles ont ne peut résister.

Toutes les histoires sont liées par un secret, par quelques personnages, mais je crois qu’elles auraient bien pu être lues seules aussi. Une chose est certaine, c’est que le talent de l’auteur, la justesse de son écriture, ses personnages étonnants dans leur simplicité, le tout mis en commun ne peut que produire une chose… l’attirance des lecteurs affamés de Cauwelaert!


 

 

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